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Secteur privé togolais : les défis de l'entrepreneuriat

Rivolala Ratsimandresy, co-fondateur de la Rencontre des Entrepreneurs, signait à l’été 2017 une chronique sur l’entrepreneuriat pour le 1er magazine économique du Togo.

Dans sa parution N°181 de mai 2017, le bi-mensuel togolais d’informations FOCUS INFOS avait publié les données du Centre des Formalités des Entreprises (CFE), relatives à la création d’entreprises au Togo ces six (6) dernières années. Ce tableau instructif sur l’évolution du rapport des Togolais à l’entrepreneuriat, renseigne sur l’amorce de changement de paradigme qui s’opère de manière indéniable dans le pays, quoique encore faible et lent. Sur la base des chiffres relayés, il serait intéressant d’aller plus loin dans les analyses afin de mieux cerner les défis auxquels le pays ne peut échapper.

1- Sur le nombre d’entreprises créées
En cumulé, ces 6 dernières années le Togo a créé 46 908 entreprises. C’est encourageant car le pays se dote des nouvelles forces vives pour dynamiser son tissu économique. Il faut cependant les relativiser. En effet, si on met ces chiffres en perspective en rapport avec le nombre total de la population togolaise 7 552 318 hab en 2015 (source) et son taux d’accroissement moyen annuel ces 6 dernières années qui est de 2,65% (source), beaucoup de chemin reste encore à parcourir pour que le Togo ait un tissu massif d’entreprises, portant un secteur privé dynamique et créateur de richesses.

2- Le taux de survie des entreprises
Comptabiliser le nombre de création d’entreprise c’est bien. Connaître le nombre d’entreprises ayant survécu après leur création est la véritable information. En effet, ce sont ces entreprises viables qui viendront constituer et renforcer réellement le maillon du tissu économique du pays. L’expérience des autres pays montre qu’un nombre élevé de ces entreprises nouvellement créées disparaissent dans les 3 années suivant leur création. (60% pour le Sénégal, chiffre DASP 2013). Qu’en est-il du Togo ? Se poser cette question est non seulement fondamentale, pour corriger ou pour améliorer, mais surtout vital pour le développement du pays. En effet, un pays est dit développé quand il compte en son sein un nombre élevé d’entreprises viables capable de fournir des produits et services pour régler les problèmes de leurs clients. C’est le développement du plus grand nombre de ce type d’entreprises qui est donc l’objectif principal de toute politique économique d’un pays.

3- Le profil des entreprises créées
80% des entreprises créées sont sous forme de personnes physiques, tel que permis par l’OHADA. Ce n’est pas tant sur la forme juridique qu’il faudrait s’attarder. Un entrepreneur peut parfaitement commencer à lancer son activité sous forme de personne physique et aboutir à la création d’une personne morale quand il aura trouvé son marché.
Ce sur quoi il faudrait réellement questionner ici, ce sont les réelles motivations de ces entrepreneurs. Est-ce que ces 80% constituent les vraies relèves des entrepreneurs bâtisseurs du futur Togo, à la trempe d’un certain Gervais DJONDO, des vrais entrepreneurs bâtisseurs ? Ou sont-ils juste des personnes qui créent leur propre emploi ? Connaître les réelles motivations de ces créateurs est donc non seulement fondamental mais crucial pour l’avenir du pays. En effet, si le Togo aspire à l’émergence et au développement tant souhaité et voulu, ce sont des entrepreneurs bâtisseurs dont il aura le plus besoin. Car c’est uniquement cette catégorie d’entrepreneurs qui pourra faire prospérer l’économie de ce pays. Le défi sera donc de repérer ces entrepreneurs bâtisseurs.

photo du Centre de Formalités des Entreprises CFE Togo (crédit photo CFE)
4- Le secteur d’activités où la création est la plus dynamique
Le Togo a une longue tradition de grands commerçants, à l’instar des fameuses Nana Benz. Les chiffres du CFE confirment cette tendance en établissant que c’est dans le secteur du commerce que se crée le plus grand nombre d’entreprises au Togo. Mais la question légitime à se poser est : existe-t-il aujourd’hui au Togo un éco système favorable qui incite et renforce ce secteur du commerce ? En somme, ce secteur bénéficie-t-il des mesures ou des incitations légales ou fiscales pour encourager les acteurs déjà présents et ceux qui veulent y rentrer à enclencher une dynamique ? Il est logique de penser qu’un secteur présentant tant d’opportunités puisse être soutenu de manière volontariste par l’Etat. Est-ce réellement le cas ?

5- La faible création industrielle
D’après les données du CFE , la création industrielle est le maillon faible du tissu entrepreneurial togolais. Des économistes ont débattu sur cette question : peut-on développer un pays uniquement par son secteur primaire et tertiaire en faisant l’impasse du secteur secondaire ? Cette question est posée, non seulement au Togo, mais à tous les pays africains globalement. L’exemple le plus visible de développement par une industrialisation réussie est la Chine. Cependant, la cité Etat de Singapour et Maurice sont des exemples de développement réussi en misant essentiellement sur le secteur tertiaire. Où devrait se situer le Togo ? Il serait intéressant d’approfondir la question en s’adressant directement aux entrepreneur(e)s togolais (e)s pour mieux comprendre leur motivation sur ce secteur. Est-ce un désamour lié au fait que c’est un secteur dépourvu d’opportunité ? Ou est-ce lié aux problèmes de moyens ? Une chose est certaine en revanche, le temps du débat est passé sur cette question. Il est temps de trancher et d’agir car les autres pays, cités plus haut ont déjà fait leur choix.

6- Centralisation vs décentralisation
Les données du CFE montrent que 92% des créations des entreprises sont réalisées dans la préfecture du Golfe, en somme dans la capitale. Ce déséquilibre, car c’est de cela dont il s’agit, doit interpeller les politiques sur les corrections rapides à y effectuer. En effet, si seulement 2,76% des créations d’entreprise sont réalisées dans la région de Kara, il est logique de penser que cette région ne se dotera que de 2,76% de potentiel de création de richesse. Ces 2,76% sont sensés par la suite régler le chômage endémique dans cette région, relancer le pouvoir d’achat atone, y dynamiser le tissu économique etc… Qui sérieusement peut le croire ! Se pose alors la question de la survie économique des autres régions composant le Togo. Le pays peutil aspirer au développement en abandonnant 90% de son territoire ?

Chronique initialement publiée dans le N°181 du magazine économique Focus Infos (Togo), extrait ci-dessous, pour plus d’informations visitez le site ici http://www.focusinfos.net.

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Une analyse du nombre d’entreprises créées, de leur forme juridique, des secteurs privilégiés au Togo

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